De Los Angeles à la frontière Canadienne

Me voilà de retour sur la route, avec ses galères, ses doutes, mais aussi ses bonnes surprises, dues à cette multitude de personnes rencontrées, toutes différentes les unes des autres, parfois sans un mot, parfois au contraire très bavardes. Parfois originales ou à l’inverse très ordinaires, bien que je trouvais les Américains dans l’ensemble peu ordinaire: ils ont tous, selon moi, quelques choses de particulier qui les caractérisent, quelques choses de différent de nous français. Un détail, leurs tenues vestimentaires, leurs voitures, ou tout autres petites choses qui font d’eux des gens uniques. Ils ont la volonté de personnaliser systématiquement leur apparence. C’est l’un des charmes des Américains : unis dans la différence…

Le rap

Je me souviens entre autres, de l’un d’entre eux, et avant même qu’il s’arrête à ma hauteur, je savais qu’il était un fan de rap : un vacarme assourdissant émanait de sa voiture pourtant toutes vitres fermées. Les vibrations étaient d’une telle intensité qu’elles pouvaient, j’en suis certain, dévisser les roues!! Une fois à l’intérieur, il baissa heureusement le son pour que nous puissions nous entendre. Ce gars était entrepreneur, il travaillait dans l’emballage et le transport. Selon ses dires, il dirigeait environ 200 personnes. Il avait 52 ans et il m’expliqua qu’il avait sillonné les USA lui aussi durant sa jeunesse. C’était en fait un point commun de bien des gens qui s’arrêtaient pour m’emmener. Il me proposa spontanément de travailler pour lui au cas où je recherchais un job. Au black, bien sûr. Mais ce n’était pour l’heure pas à mon programme. Il me laissait tout de même sa carte, au cas où… Facile Amérique… ! Nous nous séparions par un serrement de main. J’étais satisfait de cette rencontre, parce que je pensais qu’il était important d’avoir en poche quelques contacts, en cas de problème. Il repartit, et aussitôt le bruit et la fureur reprirent ! Pourvu que les roues tiennent bon!!

Le vieil Indien et les chiots

Mon idée était d’aller voir du côté de Lake Tahoe, un magnifique lac de la Sierra Nevada, ce massif montagneux à la limite entre la Californie et le Nevada. Étrangement, je n’étais pas attiré par San-Francisco, la ville mythique que tout “routard” qui se respecte se doit d‘y aller traîner ses guêtres ! Peut-être étais-je un peu blasé des grandes villes, et l’envie de voir les grands espaces de l’Ouest américain était la plus forte pour le montagnard que je suis. Chemin faisant, un très vieil Indien d’environ 80 ans s’arrêta à ma hauteur pour me prendre à son bord. Il avait le faciès typique de l’Indien des westerns de ma jeunesse : de longs cheveux gris liés par une tresse, une peau extrêmement mat et tannée, un nez proéminent et crochu et une silhouette plutôt musclée malgré son âge. Il s’exprimait très calmement, très lentement, posément, tout comme ces gestes d’ailleurs. Une infinie sagesse se dégageait de cet homme. J’étais fasciné à l’idée de côtoyer un véritable Indien d’Amérique. Il devait être né au tout début du xxe siècle. Il a dû voir tant de transformation dans sa vie. J’aimerais beaucoup rencontrer de nouveau cet homme. Je lui demanderai de me raconter sa vie, sa vision sur les changements profonds dans la société américaine depuis sa naissance jusqu’à nos jours. Toutes ces choses que je ne savais pas demander du haut de mes 21 ans. Quand bien même mon anglais eut été correcte, jamais je n’aurai osé lui demander tout cela, il m’intimidait énormément ! Sur la banquette arrière de sa vieille Ford Galaxie noire des années soixante, une ribambelle de chiots déambulaient maladroitement, au gré des virages, jusque sur la plage arrière du véhicule. L’énergie de ces chiots tranchait avec le calme absolu du conducteur. Je n’ai finalement pas su beaucoup de choses de cet homme, et c’est bien dommage, trop impressionné que j’étais par ce personnage, devenu atypique pour ne pas dire marginal sur la terre même de ses ancêtres. Puis la grosse Ford s’arrêta près d’un carrefour. Avant de nous séparer, le vieil Indien prit ma main droite dans ses deux mains, il me regarda dans les yeux et me demanda de prendre grand soin de moi, de mes proches, mais aussi des animaux et de la nature. Ces paroles pleines de sagesse auraient dû se perdre dans le cerveau “pas fini” que j’étais alors. Elles résonnent pourtant toujours aussi fortement aujourd’hui… intactes.

Le domaine viticole

Au hasard d’une vallée verdoyante, un jeune homme d’environ 25 ans me fit monter dans son van. Dès qu’il sut ma nationalité française, il me proposa spontanément de m’emmener faire la visite du domaine viticole de sa famille. Il pensait peut-être, un peu naïvement, que les Français, sans exception, étaient de fins connaisseurs en matière viticole. Ce qui évidemment n’était pas du tout mon cas ! J’acceptais tout de même avec entrain sa proposition. L’entrée du domaine était digne de l’un de nos grands châteaux du Bordelais, à la fois sobre, voir austère, mais très classe et ordonnée. Des pieds de vignes partout aux alentours bien sûr, sauf à proximité de la grande bâtisse principale, ainsi que ses dépendances, qui elles se trouvaient dans un très beau parc joliment engazonné et majestueusement arboré. Des massifs fleuris apportaient de la couleur à cet ensemble tiré au cordeau. Très peu de monde en cette fin de matinée. Le public venait y déguster et bien sûr faire l’acquisition de vin rouge principalement et à moindre mesure de vin blanc. Le domaine accueillait également des hôtes dans ses dépendances et le bâtiment central était quant à lui réservé au restaurant haut de gamme, à la cave de dégustation, au stockage dans ses sous-sols d’une partie des vins mis à vieillir, et à l’étage, les appartements de certains membres de la famille, dont mon pote d’un jour. Ce dernier me fit visiter tout cela, puis il me proposa de déguster sa production. Quel bonheur que de se retrouver dans cette cave fraîche alors qu’une chaleur écrasante sévissait à l’extérieur. Mon hôte m’apprit, à propos de la chaleur actuelle, qu’elle n’était pas habituelle, beaucoup plus prononcée qu’à l’accoutumé, un épisode caniculaire en somme. Décidément non, je n’étais pas un connaisseur de vin. Parmi ceux qu’il me fit goûter, je les trouvais tous du même goût ! J’essayais tout de même de donner un commentaire pour chacun, mais l’épreuve fut compliquée… Puis son père vint nous rejoindre. Un grand gaillard extrêmement sympathique. Il me demanda de quel coin de France je venais, et pour situer rapidement mon lieu d’habitation, je répondais entre Genève et Chamonix. Tout de suite ses yeux s’illuminèrent, il connaissait parfaitement bien la Haute-Savoie! Dans sa prime jeunesse il fit de nombreux stages en France dans le cadre de son travail autour de la vigne, et durant son temps libre, il s’adonnait à la haute montagne, sa passion de jeunesse. Il connaissait donc parfaitement bien Chamonix et bon nombre de ses sommets. La conversation bifurqua du vin à la montagne, un domaine où manifestement j’étais beaucoup plus à l’aise ! La chaleur nous rattrapa à la sortie de la cave, accentuée par les effluves de la dégustation ! Le père m’invita spontanément à rester avec eux pour manger à midi, bien évidemment, j’étais d’accord ! Le repas à peine commencé, le père me dit que si je le souhaitais, je pouvais rester ici le temps que je voulais ! Les Américains sont ainsi ! Je restais finalement trois jours dans ce havre de paix. Je les accompagnais dans les travaux de la vigne, les courses en ville, je fit même une petite réparation de soudure sur l’une de leur machine. C’était le minimum que je puisse faire. Je repartais très heureux de cette belle rencontre, une famille vraiment très accueillante, et je savais là aussi qu’en cas de problème, je pouvais compter sur eux. Cela ne parait rien, mais lorsque l’on voyage seul, avoir quelques contacts en poche a son importance.

Les motards

Le pouce en l’air, de nouveaux. Mais jamais bien longtemps. Les différents conducteurs m’emmènent tout doucement en direction du Lac Tahoe. Une voiture verte s’arrête à ma hauteur, le passager avant en sort et me demande ma destination. Ils sont tous deux habillés comme des motards, cuir et jeans, sauf qu’ils roulent en voiture. Il me fait monter à l’arrière en soulevant son siège, cette voiture est une deux portes. Immédiatement, je me sens pris au piège, aucun moyen de sortir de cette voiture sans porte à l’arrière. Mon inquiétude grandit quand on quitte la route principale. Je leur signifie que je souhaiter rester sur la route principale et qu’ils peuvent me déposer là. Ils me répondent qu’ils veulent juste m’emmener chez eux pour me donner à manger et boire une bière. Pas vraiment rassuré, j’attends la suite, en même temps je n’est pas vraiment le choix. Quelques miles plus tard, nous arrivons dans un minuscule hameau de quelques vieilles bâtisses, nous nous arrêtons devant l’une d’elle. Il y a des Harley-Davidson stationnées partout autour de cette maison. C’est en fait une sorte de communauté, un clan Harley-Davidson. Des hommes, des femmes de tout âge, et des enfants qui courent partout. Tous en cuir et en jeans, enfants compris ! Je descends de voiture et je reçois un accueil absolument fantastique de leur part. Ils me racontent recevoir souvent des voyageurs. Mes conducteurs revenaient tout simplement du supermarché, le coffre remplit de bouffe et de bière. Je suis invité à m’assoir auprès d’eux sur l’une des tables à l’extérieur. De gros morceaux de viande grillent sur le bbq, la bière ou plutôt les bières font leur effet. Je suis bien, totalement rassuré, derrière leur aspect de dur à cuir, ils sont vraiment sympas et généreux. Je passe un super moment. Ils me ramènent en milieu d’après-midi sur la bonne route, après des adieux sincères. Ce sera ma seule et unique frayeur lors de ce périple !

Lake tahoe

Je roule plein Est depuis quelques heures avec un gars qui lui se rend dans l’état voisin du Nevada. Il va passer quelques jours dans cet état pour jouer aux casinos. Le Nevada étant l’état du jeu, machines à sous, poker, et Las Vegas bien sûr ! La nuit tombe. Nos routes se séparent au niveau d’un carrefour. Je marche un peu sur la route qui doit m’emmener en direction du lac, une voiture passe sans s’arrêter. J’attends un peu au bord de la route, il n’y a pas foule dans les parages, et pas une voiture dans ma direction. Il fait maintenant nuit noire, je vais devoir planter la tente dans les environs. Je réalise une chose : c’est la première fois, depuis mon arrivée sur le sol américain que je vais devoir camper. Bientôt un mois à me faire héberger à droite, à gauche ! Je choisis en endroit en contre bas de la route, un peu caché de celle-ci, on ne sait jamais… Je monte ma tente à la lampe frontale, heureux de cette aventure. J’avale ce que je trouve dans mon sac, c’est-à-dire pas grand chose, je n’avais pas vraiment prévu de camper, trop habitué à être hébergé jusqu’à présent ! Ce n’est pas grave, je mangerai mieux demain. J’ai un peu de mal à m’endormir, je suis en pleine nature, les bruits de la nuit tout autour de moi… C’est la chaleur qui me réveille le lendemain, les premiers rayons du soleil tape déjà très fort sur ma tente et rendent l’intérieur irrespirable et me force à sortir. J’ai finalement très bien dormi, satisfait de cette première nuit dehors. J’ai heureusement encore un peu d’eau et je peux me faire un café, tel un cow-boy ! En buvant mon café, je me promène aux alentours. Il y a un grand panneau planté tout près de mon campement. Sa lecture me fait un peu transpirer : “ CAUTION WATCH OUT FOR BEARS”, autrement dit “ATTENTION AUX OURS”. C’est très gentil de me prévenir ! Après cela, et heureux d’être encore en vie, je lève le camp en tendant à nouveau le pouce. Il y a plus de monde bien sûr à cette heure-ci, je n’attends pas longtemps avant qu’un couple s’arrête. Ils sont d’origine allemande, installé là depuis 25 ans. Leur fille, qui a sensiblement mon âge, effectue actuellement un voyage en Europe avec une amie. Spontanément, ils m’invitent chez eux, j’accepte immédiatement. Je passerai une petite semaine dans un charmant chalet non loin du lac. Ce sont des montagnard, comme beaucoup de monde ici. Et leur chalet ressemble davantage à un refuge qu’à une maison d’habitation. C’est en fait une sorte d’auberge pour montagnard, pas mal de type aux cheveux longs, ambiance montagne à la mode californienne, et j’adore ça ! Parce qu’ici, oui, c’est la montagne. Et c’est un endroit absolument magique, il suffit de s’élever sur les hauteurs du lac pour se rendre compte de cet environnement absolument grandiose. Le lac Tahoe est un grand lac, ses rives sont souvent assez sauvage, et l’eau à des nuances de bleu et de vert. Peu de plages à première vue, ça ne me dérange pas, bien au contraire. Je ne me suis pas trompé en venant là. Et mes hôtes sont fantastiques, ils sont ravis de faire découvrir leur région à un autre montagnard. Tout y passe : randonnée pédestre sur les sentiers autour du lac, escalade, canoë, bateau, balade en voiture. Nous nous rendons notamment à Squaw Valley, l’une des plus grandes stations de ski du coin. Les Jeux olympiques d’hiver s’y sont déroulés en 1960. De retour au chalet, le soir, c’est bbq… et bière ! Je participe un peu financièrement, faut pas abuser !! Je garderai un magnifique souvenir de cet endroit, la Sierra Nevada, le lac Tahoe, et l’hospitalité de ses habitants. J’ai ressenti ici l’âme de la Californie.

Portland School Law University

Puis le départ à nouveau, en direction du Nord, mais en me rapprochant de la côte du Pacifique, sans vraiment le vouloir, au hasard de mes conducteurs. Peu m’importe la route empruntée en fait, je vais en direction du Canada, c’est tout. Cette fois c’est un Indien originaire du Pérou, arrivé là je ne sais comment, qui me prend à son bord. Il me fait visiter une partie du Red wood National Park. Bel endroit mais je suis pas à mon aise avec cet indien, j’abrège et je poursuis mon chemin, il ne m’inspire pas vraiment confiance. Mes craintes ne sont peut-être pas fondées, en tous cas, je préfère suivre mon instinct et aller voir ailleurs. Et ailleurs justement porte le nom de Clara. Non, Clara n’est pas une bourgade du coin, mais le prénom d’une charmante étudiante qui vient de passer quelques jours à San Francisco et qui rentre à Portland dans l’état de l’Oregon. Je suis ravi de passer quelques heures en compagnie de cette charmante jeune fille, à peine plus âgée que moi. En route elle m’apprend qu’elle est originaire du Texas. Son prénom lui a été donnée en souvenir de son arrière grand-mère, une française immigrée avec son mari, du côté de New York. Elle fait ses études à la School Law de l’université de Portland, pour à terme, obtenir un diplôme d’avocat. Nous arrivons à Portland en début de soirée et Clara me propose de passer la nuit dans son appartement en colocation, situé sur le campus universitaire. Bien évidemment j’accepte, et me voilà avec mon sac à dos au cœur même de cette grande université, entouré de centaine d’étudiants. Je n’ai pas vraiment le droit d’être ici, mais le règlement semble être assez souple et ayant plus ou moins leur âge, personne ne me remarque. Me voilà donc à table devant un énorme plat de spaghetti, entouré d’une dizaine de futurs avocats et autres juges de la court suprême des Etats-Unis d’Amérique. En cours de route, avant d’arriver dans cet appartement, Clara la ravissante Texane, avait allumé en moi une petite flamme. Mais Luke, un Californien de San Francisco assis à cette table, s’était promptement employé à l’éteindre. Les pompiers sont parfois cruels. Une nuit sur le canapé plus tard, je pris congé de la belle Clara tout en la remerciant de son accueil. Mots futiles. Sur le trottoir au pied de son immeuble, notre dernier regard, en l’absence du pompier, fut interminable et sans parole. Il me laissa une certaine amertume. J’eus du mal à m’éloigner d’elle.

Le hippie aux lunettes rondes

Après avoir tenté, en vain, de déchiffrer où va tel et tel bus pour m’emmener hors de cette ville, je me décidais à taper le stop dès la sortie de l’université, en plein centre ville de Portland, même pas peur. Avec l’habitude, je commençais à prendre pas mal d’assurance dans la pratique du stop. Seul une brune-texane-aux-yeux-vert était capable de me faire vaciller. Dès la sortie de la ville, on passe dans l’état de Washington, le dernier territoire américain avant la frontière canadienne. Je ne m’y attarde pas vraiment, j’ai hâte de voir le géant canadien. Il y a pourtant de quoi s’écarquiller les yeux devant une telle nature : le Mont Adams, 3 742 m, le Mont Saint Helens et sa tristement célèbre éruption volcanique du 18 mai 1980 et le Mont Rainier, 3 492 m, font parti de l’Arc volcanique des Cascades, immense complexe volcanique qui s’étend du nord de la Californie jusqu’en Colombie-Britannique en territoire canadien. Je reste quelques jours dans une petite auberge de jeunesse dans le nord de Seattle, histoire de laver un peu de linge. Puis le stop à nouveau vers le Canada. Un véritable hippie, tout droit sortie des années soixante me prend à son bord dans un nuage de marijuana. Il m’en offre évidemment. Je refuse poliment, ce n’est pas du tout mon truc. Et traverser une frontière en sentant la marie-jane n’a jamais été une excellente idée. Mais le type est vraiment sympa. Et difficile de faire plus cliché : une grande crinière blonde, bandana au-dessus du front et lunettes rondes, voici Barnard, la petite cinquantaine, t-shirt échancré, jean crevé et pieds nus sur les pédales. Son combi Wolkswagen vert est bariolé de fleurs multicolores peintes à la main. Des messages de paix, un peu partout sur la carrosserie. J’avais pourtant un appareil photo à porté de main, mais ce dernier est resté dans la poche de mon sac. Je m’en veux aujourd’hui de ne pas avoir eu le reflex de prendre beaucoup plus de photo, ainsi que quelques notes. Barnard me dépose à quelques dizaines de mètres de la frontière. Il sait très bien qu’il prendrait un trop gros risque à vouloir la franchir dans son état. On se sépare à la cool en se tapant dans les mains. Il prend tout son temps en faisant demi-tour et bloc les deux sens de circulation. Plus on le klaxonne plus il se marre. Adieu mon ami. La frontière et là, devant moi. Un coup de terreur me prend : je suis resté des heures au côté d’un type qui n’a pratiquement pas cessé de fumer une substance illicite dans une cabine de combi WW minuscule. En gros, j’empeste la marie-jane. Je me cache derrière une cabane de chantier et je me change rapidement en prenant soin de planquer mes vêtements en boule au fond du sac. Il y a tout de même un risque. Tant pis, je me lance. Il n’est pas courant de passer une frontière à pieds. En tant que français, je dois faire tamponner mon passeport. le douanier me fait entrer dans le bureau où 5 ou 6 douaniers sont présents. Tout se passe merveilleusement bien, ils me posent les questions d’usage, à savoir d’où je viens et où je vais et pour y faire quoi. Ils s’aperçoivent rapidement qu’ils ont à faire à un petit frenchy sans grand danger pour le pays. Ils me demandent de décrire mon parcours depuis le Colorado et si j’ai eu des problèmes. Ils semblent assez admiratifs. Mon passeport est tamponné et les douaniers me souhaitent en français : “bienvenu au Canada, bon séjour chez nous, et bonne chance pour votre périple”. Tout va bien, content d’être passé sans encombre, plus que satisfait de l’accueil. Canada, me voici !

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