Quand j’étais enfant, les petites fermes étaient extrêmement nombreuses dans ma vallée, et les terres agricoles disponibles en abondance. Elles étaient belles ces fermes, bien construites, solides, épaisses, fleuries, séculaires. Elles rassemblaient sous le même toit les familles et les animaux. Comme si l’humanité et la Nature ici ne faisaient qu’une, indivisibles, inséparables. Elles nourrissaient tout simplement les habitants des alentours. Les produits étaient très diversifiés : les pommes de terre, essentielles, étaient alors grandement consommées, ainsi qu’une ribambelle d’autres légumes savoureux, parce que non forcés. Les vergers ne fournissaient pas seulement des fruits, mais également de l’ombre pour les animaux durant les chaleurs estivales. Les animaux justement, bien traités parce qu’ils étaient précieux, fournissaient le lait, le fromage, la viande. Les poules, libres comme le vent, nous offraient leurs œufs d’un jaune-orange éclatant. Et que dire des paysages, apaisants, emplis de quiétude, doucement façonnés par des siècles de labeur paysan. Subtil équilibre entre l’humanité et la Nature. Souvenir nostalgique d’une période révolue.

Parce que loin là-bas, du côté de la grande ville, des messieurs fort instruits, et biens habillés, en ont décidé autrement : rendement intensif et production à échelle industrielle, désormais seront de mise. Sans trop de réflexion, de consultations, les économistes, les politiques, les penseurs, en un mot les « élites » n’ont pas hésité une seule seconde au bouleversement d’un ordre naturellement équilibré et séculaire. L’industriel a pris le dessus sur le paysan. Dans l’assiette, des produits, à l’origine douteuse, chargé de substance toxique pour l’organisme à moyen terme. Dans ma vallée, les merveilleuses petites fermes ont quasiment toutes disparu. En lieu et place, des lotissements hideux, d’immondes barres d’immeubles, des ronds-points tous les 50 m, rotondes des temps modernes qui nous dirige vers d’affreuses zones commerciales dans le but de consommer des produits en provenance du bout du monde, pour la plupart. En créant, au passage, tout un tas de « besoins inutiles ».

Bétonnisation, grande circulation, nuisance sonore, pollution, délinquance, incivilité… Voilà le résultat obtenu par les « grandes » décisions des messieurs de la capitale. Pour couronner le tout, ils ont poussé le cynisme jusqu’à appeler cela le « progrès ».

Il eût été bon de ne rien faire, alors que l’équilibre naturel était respecté. Mais il n’en fut rien, le saccage de cette vallée a bien eu lieu, comme dans bien d’autres endroits de France et d’ailleurs. De mauvaises décisions ont engendré les néfastes phénomènes énumérés plus haut.

À la fin de l’année 2022, les démographes affirment que la planète Terre « supportera » 8 milliards d’individus. Ces mêmes démographes avancent le chiffre de 10 milliards d’individus aux alentours de 2050, autrement dit demain.

Les experts d’une autre spécialité, le climat, nous préviennent de longues dates, d’un réchauffement climatique planétaire, dont nous commençons juste à percevoir les premiers effets. 

La conjugaison de ces deux phénomènes mènera l’humanité, c’est certain, dans un innommable chaos. Les premiers effets sont là : sécheresse, canicules, pénurie en tout genre, virus, prix élevé, conflits armés, révolte des populations… Et nous ne sommes qu’à la porte d’entrée de ce « nouveau monde ».

Osons un soupçon d’imagination pour nous permettre de « voir » le résultat : 10 milliards d’individus sur une planète aride. Il ne fera pas bon vivre au milieu de cela. 

On ne revient pas en arrière, avancent certains, soit. Mais peut-être faudra-t-il s’y résoudre, volontairement et rapidement, avant que la Nature ne s’en charge… violemment. Contrairement aux idées reçues, la marche arrière sera à coup sûr, la plus douce manière d’aborder l’avenir. Peut-être faudra-t-il aussi arrêté d’imaginer que le monde politique puisse changer quoi que ce soit, ils ont cessé de réfléchir depuis bien longtemps déjà, bien trop occupé a gérer l’actualité brulante. Anticipation, mot qui n’a plus cours parmi les élites.

Pour ce faire, l’éducation est au centre de tout. Dans un premier temps, il nous faut ouvrir les yeux, et admettre ce constat : l’humanité qui dépend de la Nature, s’est employée depuis quelques décennies à mettre à mal cette dernière. Admettre également que l’aridité que nous commençons à percevoir à la surface de la planète ne fera qu’empirer. Admettre enfin que la solution la plus raisonnable serait de non pas limiter, mais réduire de façon significative le nombre de naissances.

Les quelques lignes qui suivent résument assez bien ma pensée :

Pour un territoire limité, la surface agricole disponible déterminera le nombre d’habitations et d’individus autochtone et non autochtone à vivre et/ou séjourner décemment et harmonieusement avec la Nature dans ledit territoire 

Cela dit, tout reste à faire, à affiner, à détailler.

Est-ce une révolution ? Non, cette façon de vivre existait auparavant, avant que tout ne s’emballe.

Y a-t-il quelque chose à créer ? Non, juste des personnes à éduquer.

Est-ce un retour en arrière ? Oui, nécessaire, louable, salutaire.

Avons-nous le choix ? Encore une fois, faisons un effort d’imagination : « voyons » les deux scénarios, l’actuel si nous continuons dans ce sens et celui proposé. La réponse est en chacun de nous. 

Peut-être eût-il été préférable de ne point trop toucher à mes petites fermes. 

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